Les auteurs de certains des commentaires de ce site n’ont pas l’exclusivité de la plus exquise des finesses. Grâce au Blick, quotidien le plus lu de Suisse alémanique qui a repris les paroles qu’à tenues le joueur du FC Bâle Matias Delgado à propos de son entraîneur, c’est un grand « Hurensohn » qui s’affichait sur la devanture de nombreux kiosques à journaux ce vendredi.
Je propose à tout ceux qui ne parlent pas du tout allemand de saisir cette occasion pour apprendre leurs trois premiers mots.
1. Hure: prostituée, putain, fille ou femme de mauvaises moeurs.
2. Sohn: fils.
On peut mettre deux mots ensemble pour en fabriquer un troisième. La combinaison des deux mots ci-dessus nous donne « Hurensohn », qui désigne le fils d’une femme de mauvaises moeurs. Ce mot ne figure généralement pas dans les listes de vocabulaire des guides de voyage qui privilégient plutôt « merci » ou « au revoir » et des phrases comme « Où sont les toilettes? » ou « Combien ça coûte ». On aurait toutefois tort de négliger l’apprentissage de termes comme « Hurensohn » qui peuvent être utiles plus souvent qu’on ne le pense.
Par exemple mercredi passé, Parc Saint-Jacques de Bâle, le FCB reçoit le Werder de Brême en match de qualification pour la Ligue des Champions (victoire du club suisse par 2-1). A la 65ème minute, l’Argentin du FC Bâle Mathias Delgado est remplacé par Ivan Ergic. Alors qu’il passe à côté de son entraîneur Christian Gross, il éprouve soudain le besoin d’informer les personnes alentour ainsi que les téléspectateurs de la profession qu’aurait exercée la mère de ce dernier. Excellent exemple d’utilisation de notre mot du jour. Malheureusement, Delgado, sans doute en raison d’une maîtrise encore insuffisante de la langue allemande, s’est exprimé dans sa langue maternelle. Ce qui a donné « El hijo de puta, que me cambiado » (en allemand « Der Hurensohn, der mich ausgewechselt hat! », ou encore « Le fils de pute qui m’a sorti » en français). Bien sûr, conséquence fâcheuse, seuls les téléspectateurs parlant espagnol ont pu saisir l’information dans un premier temps. Heureusement, le Blick s’est assuré que le message était bien passé en barrant vendredi sa une ainsi que ses manchettes d’un énorme « Fils de pute ».
Epilogue: toujours selon le même journal, Delgado s’est excusé auprès de son entraîneur le lendemain matin.













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