
Zurich, Langstrasse, 23h30
Enorme! L’équipe de Suisse s’est finalement qualifiée pour la Coupe du Monde, au terme d’un second match de barrage épique. Malgré deux buts d’avance, la rencontre s’annonçait difficile. Ne serait-ce que le passage de la douane à l’aéroport d’Istanbul avait déjà été une véritable épreuve. Les Suisses savaient donc qu’on ne leur ferait aucun cadeau.
Excellent M. De Bleeckere
Le match a à peine commencé que l’arbitre Frank De Bleeckere a le courage de siffler un pénalty contre l’équipe locale pour une main du défenseur Alpay après que Frei ait tenté de faire passer le ballon au-dessus de lui. Le même Frei ne tremble pas et marque le 0 – 1. A mon avis, l’arbitre belge a été absolument excellent tout au long de la rencontre. Il a laissé l’avantage quand c’était opportun, mais non sans hésiter à revenir à la faute si nécessaire. Il n’a pas fait de compensation en se laissant aller à accorder un penalty aux Turcs à la première action chaude dans les 16 mètres helvétiques. Enfin, il a sorti aussi peu de cartons que possible, ne donnant par exemple pas le rouge au Turc qui a donné une baffe à un Suisse sous ses yeux, alors que le jeu était arrêté. Aux dires de certains joueurs suisse comme Barnetta, il semble qu’il ait manqué des gestes antisportifs, mais je pense que si ceux-ci sont commis en-dehors des actions de jeu, c’est forcément difficile pour un arbitre de les voir.
Formidable remontée turque
Devoir remonter deux buts face à une équipe qui n’a plus perdu depuis un an et demi n’est pas un objectif facile, mais quand on s’en prend un troisième après deux minutes, il y a de quoi se mettre à douter. Pas facile à priori d’enfiler quatre buts en un match à l’équipe de Suisse. Et pourtant les Turcs y sont arrivés. Le score était de 3 – 1 dès la 52′. Un pressing terrible avait empêché les Suisses de jouer pendant presque toute la première mi-temps et la suite s’annonçait encore plus pénible.
La Suisse ne doute jamais
40 minutes et plus le droit de prendre de but, à moins évidemment d’en marquer aussi. Des Turcs logiquement survoltés par le fait d’être déjà si proches de leur objectif. Comme l’a dit à ce moment là Jérôme Z., spécialiste du football qui se trouvait à mes côtés, « ça va être le révélateur ». Soit les Suisses sont capables de rester sereins et de répondre aux assauts turcs, et tout est possible, soit ils se laissent gagner par la peur et commencent à perdre pied, et tout est fini. Comme ceux qui ont suivi l’équipe à croix blanches depuis quelques temps s’y attendaient, c’est le premier cas de figure qui se réalisa. La Suisse fit mieux que résister, et profitant du fait que les Turcs ne pouvaient maintenir un pressing aussi agressif au cours de toute la rencontre, se mit à se procurer les meilleures occasions. Streller profita de l’une d’elles à la 84′ pour inscrire un importantissime 2ème but suisse. Le quatrième but turc survenu à la 89′ n’a donc pas suffit et c’est la Suisse qui ira en Allemagne.
Joueurs et staff suisses agressés
Après les tensions de l’arrivée en Turquie, tout avait semblé se calmer le mardi, Köbi Kuhn ayant même reçu des fleurs de jeunes joueurs turcs. Hélas, les pires craintes quant à la sécurité des joueurs se sont révélées fondées.
Vision étonnante à la fin du match: tous les suisses se précipitent immédiatement vers le tunnel menant aux vestiaires à peine le coup de sifflet final a-t-il retenti. Encore plus étonnant, les joueurs turcs semblent faire de même. Si on peut comprendre que les Suisses aient peur et veulent aller se mettre à l’abri, pourquoi les Turcs fuient-ils leur public? En ont-ils peur aussi? Veulent-ils rattrapper les joueurs suisses?
Mystère… Toujours est-il que selon le télétexte suisse, des débordements inqualifiables ont eu lieu après la fin du match. Le service de sécurité et les joueurs n’auraient pas hésité à frapper les Suisses. Le joueur Stéphane Grichting a ainsi dû être hôpitalisé avec un canal urinaire perforé, alors que d’autres joueurs ont aussi été aggressés. Tout comme l’entraîneur des gardien Erich Burgener qui s’en est tiré avec un oeil au beurre noir. Le Tagesanzeiger rapporte qu’il a été frappé à la tête par un membre du service d’ordre. On peut encore lire sur le site du même journal que le joueur turc Hamit Altintop a présenté ses excuses pour le comportement de ses coéquipiers et de certains membres du service de sécurité. Et selon Fatih Terim, quelle élégance une fois encore, la non-qualifications des siens s’explique parce que les arbitres tant à Berne et à Istanbul auraient été suisses. Il s’en est aussi pris aux journalistes suisses.
L’hymne national turc sifflé par certains spectateurs à Berne à bon dos, je crois plutôt que certains n’ont pas su digérer la vexation terrible et la déception de se faire battre puis finalement éliminer par la toute petite Suisse. Mais à quoi bon vouloir participer à des matchs de foot si l’on est pas prêt à perdre?
Sur le plan sportif, la Turquie aurait peut-être mérité d’aller en Allemagne. Mais les qualités footballistiques ne sont pas tout. Si une partie des joueurs turcs a vraiment aggressé ses homologues helvétiques à la fin du match, c’est inexcusable et la Turquie n’aurait rien eu à faire à une Coupe du Monde. On peut toujours mettre ce qui se passe avant et pendant une rencontre sur le compte de la guerre psychologique. Mais si des joueurs s’en sont pris physiquement à d’autres joueurs après que la compétition se soit terminée, il ne peut plus s’agir d’un stratagème ayant pour but de décontenancer l’adversaire. On serait là en présence d’un comportement des plus primaires et intolérables à condamner absolument.


















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