Après tout ce qu’on a pu lire sur ce blog, voici encore deux témoignages qui nous viennent directement de Turquie.
Le premier témoignage émane de notre ami Kalten, lecteur de Parlons Foot, qui faisait partie des 600 supporters suisses présent dans les tribunes du stade « Sükrü Saraçoglu ». Saisissant!
Deuxième témoignage celui de Lizard King, turc d’Istanbul, dont le commentaire avait déjà été mis en avant mais qui a été traduit par les soins de Ol (la version originale se trouve là).
Voilà donc encore deux témoignages qui je le souhaite très fortement vont clore le « dossier Suisse-Turquie » sur Parlons Foot!!! tout du moins jusqu’à ce que les délégués de la FIFA rendent leur rapport et qu’une décision soit prise.
De toute façon tout a été dit! et beaucoup de n’importe quoi! Jeje
Mercredi soir au « Sükrü Saraçoglu », stade du Fenerbahçe !
Récit d’un supporter helvétique de retour de l’enfer…
Je vous fais part ici de mon « aventure » turque pour vous donner le point de vue d’un des 600 supporters suisses à avoir fait le déplacement… Car sur ce blog et dans la presse en général on a beaucoup parlé des événements terribles arrivés aux joueurs à la fin du match, mais je n’ai pas encore pu lire un récit émanant de notre camp retranché…
Tout d’abord je dois dire que la ville d’Istanbul est fantastique ! Une merveille à découvrir plus longuement que dans le cadre d’un déplacement de supporter. Les Turcs rencontrés mardi soir et mercredi dans la journée ont tous été accueillants et sympathiques! Dès que nous leur dissions que nous étions Suisses, ils rigolaient et nous chambraient un peu mais toujours dans le respect, qui était pour ma part mutuel !!
Franchement, ça partait très très bien… Et c’est par une bonne grosse noce mardi soir que de nombreux supporters de la nati ont commencé leur séjour… (Je salue les Vaudois et autres Valaisans rencontrés à 5h du mat’ dans une échoppe à Kebab du côté de Tacsim)! Mercredi 18h déplacement chaotique (à cause des bouchons) pour Fenerbahçe… A 30min du coup d’envoi notre car parvient à approcher le stade. Grosse impression en voyant les milliers de supporters turcs se presser aux portes d’entrée. Le car fait le tour du stade pour rejoindre le plus proche possible notre accès au stade. Là les Turcs ont bien compris qui nous étions et nous avons essuyé insultes, coups dans le car et divers projectiles. Le ton est donné! Le car s’arrête devant la porte d’accès (ouf !) et nous pouvons accéder à nos places par un endroit sécurisé par des dizaines de policiers…
ENORME !! 55′000 supporters chauffés à blanc par un speaker déchaîné et des musiques traditionnelles avec un énorme volume sonore!! Notre bloc est séparé des Turcs par une barrière et 2 cordons d’une vingtaine de policiers (avec casque, matraque et bouclier) à env. 20m!!! Le bruit est ahurissant et comme à la TV, nous n’avons pas entendu l’hymne national Suisse!
0-1, penalty… Aie… Dans notre camp on est presque inquiet de la tournure… car après une manifestation de joie relativement réduite par rapport à la tension les premiers objets en tout genre nous tombent dessus.. et jusqu’à une fusée-fumigène allumée…
Sur le terrain les projectiles n’arrêtent pas de pleuvoir. Sur Barnetta quand ils tirent les corners, sur les blessés et les soignants Suisses, sur Zubi…. C’est incroyable !!! Et chaque fois que la Suisse reprends le ballon ou que Zubi engage, le speaker harangue la foule et leur demande de sifflé… J’ai jamais vu ça…. Moi j’aurais été incapable de jouer dans ces conditions…
1-1 / 2-1 / 3-1…
A chaque fois explosion de joie chez les Turcs! Le bruit est terrible et accompagné d’une musique digne de nos patinoires. Les objets continuent de nous arriver dessus mais de notre côté on essaie (surtout en 2ème mi-temps) de chanter la moindre. On commence à croire à la qualification et finalement nous explosons de joie sur le but de Streller!!! Silence et stupeur dans le stade… Les Turcs ne chantent plus… Mais boom… 89e c’est reparti de plus belle… Le chaudron est au bord de l’explosion pendant les 5min de prolongation…
Coups de sifflet final… contrairement à toute attente… Stupeur dans notre camp, personne ne chante… on ne comprends pas ou plutôt on comprend trop bien… Les joueurs sprints au vestiaire et nous on se demande ce qu’il va nous arriver car les supporters Turcs les plus proches de nous n’ont pas trop envie de rentrer chez eux et sont plutôt remontés… Pluie d’objet….Quelques illuminés atteignent une partie de tribune en rénovation (normalement non accessible) et arrivent à nous balancer dessus un pot de 10 litres de peinture fraîche. Sympa pour une bonne vingtaine de Suisses touchés… puis carrément un chenau de 3 mètres….Des malades !?!? Jamais vu ça. Notre bloc se transforme en camp retranché et nous sommes cantonné à l’intérieure pendant 1h30… Le temps pour les policiers (3000 en tout !) de faire de l’ordre aux abords du stade et créer un périmètre de sécurité autour de nos cars. Nous prenons dans notre car quelques téméraires arrivés sans un arrangement d’un voyagiste… et retournons à l’hôtel sous escorte policière ! Pas de chant, pas de fête….A l’hôtel (on presque tout le monde reste abrité) on boit une bière presque en silence et on commence à réaliser par quoi nous sommes passé…
Je ne vois pas comment nous aurions pu nous en sortir, si les Turcs de l’autre côté de la barrière nous avaient chargés…
Par contre je dois dire que les flics sur place on fait un travail remarquable pour nous sauver la mise et je leur tire en grand chapeau !
Kalten
p.s : pas de fouille rectale à l’aéroport lors de notre arrivé juste un grand éclat de rire du douanier quand il a compris que j’étais venu pour le match… Mais pas de rire pour passer la douane dans l’autre sens…
BERLIN BERLIN, WIR FAHREN NACH BERLIN !
Lizard King (traduction d’Ol, le commentaire original se trouve là)
Pour commencer, je dois dire que je suis turc et vis à Istanbul.
Commençons par ce qui a causé les bagarres d’hier.
Pendant les matchs de groupe, la Turquie a remercié le sélectionneur Ersun Yenal parce qu’il ne voulait pas faire jouer Hakan Sukur. Le successeur est bien connu de vous je pense. Le célèbre Fatih Terim. Pendant qu’il a coaché la Turquie nous n’avons jamais jouer de bon match. Nous avons gagner les matchs très faciles au pris de très gros efforts. Nous avons battu l’Ukraine alors qu’elle était déjà qualifiée et qu’elle jouait sans ses meilleurs éléments. Mais les médias turcs ont toujours refusé de reconnaître que la Turquie jouait vraiment mal. Ils voulaient faire de Fatih Terim le meilleur coach du monde. C’est quelque chose que je n’ai jamais compris.
Après les matchs de groupe, nous sommes tombés sur la Suisse. Tout observateur du football peut dire que c’est une assez bonne équipe. Ils n’ont pas de grosses individualités, mais ils jouent vraiment bien au football. Avant le match aller, la Turquie a passé 5 jours en camp en Suisse et je pense que rien de spécial n’est arrivé. Durant le match, nous avons été vraiment mauvais et la Suisse nous a battus 2 – 0, résultat qui m’a fait vraiment plaisir. Après le match, M. Fatih Terim a commencé à se plaindre de la façon dont il aurait été traité avant, pendant et après le match. Cette partie est vraiment intéressante, parce que je vais la relier à l’autre match qui nous intéresse. Fatih Terim a dit aux médias turcs que tous les joueurs suisses ont insulté les joueurs turcs pendant le match. L’arbitre était pour les Suisses, etc. Il a très mal coaché au cours de ce match et voulait rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. Après le retour en Turquie, certaines personnes que je vais citer ici, David Disli (qui travaille pour la Fédération Turque), Fatih Altayli (un directeur de journal) et Fatih Terim ont commencé une campagne à propos de la façon dont les Suisses ont traité la Turquie et de comment la Turquie doit se venger. Certains médias ont démenti ces faits et appelé au calme. Mais le plan de Fatih Terim était en cours d’exécution. Personne ne pouvait l’arrêter. Il a manipulé tous les médias et raconté que des choses terribles lui étaient arrivées. Encore un point qui mérite d’être relevé, Fatih Terim était le manager de Galatasaray durant le match contre Leeds United lors de ce jour horrible à Istanbul. Je me suis toujours senti très mal à propos de ce jour. Fatih Terim est une personne qui peut seulement travailler en mettant une grosse tension dans les matchs. Il a déjà fait la même chose et deux personnes innocentes en ont payé le prix de leur vie. Et il a recommencé, je ne peux pas comprendre pourquoi.
Les joueurs turcs étaient vraiment nerveux durant la partie et après la fin du match, Fatih Terim a appelé ses joueurs à attaquer les joueurs suisses. D’abord Mehmet Ozdilek, l’assistant coach turc, a donné un coup de pied à une joueur qui courait pour quitter le terrain et tout à commencé. Bien sûr, Alpay Ozalan et Emre Belezoglu étaient comme d’habitude au coeur de l’action. La partie la plus amusante est que les médias turcs essaient de cacher cela. Après la partie, j’ai vu des extraits de la télévision et on voit bien qui a commencé la bagarre, mais les médias turcs n’ont jamais diffusé cette version. Ceci est le lien vers la version qu’un journal donne http://www.milliyet.com.tr/2005/11/17/son/resim/video01.wmv
Vous pouvez voir dans cette vidéo que c’est un joueur suisse qui commence par donner un coup de pied à l’entraîneur adjoint. Mais dans la version correcte que vous pouvez trouver ici
http://www.ayyas.com/mert/gercekgoruntuler.mpg
on voit que le premier assistant coach avec le manteau noir à bande blanche donne le premier coup.
Après le match, voir l’interview de Fatih Terim a été un choc total pour moi. Il a blâmé la FIFA pour les décisions de l’arbitre, son attitude et la façon dont ils ont été traités. Il ne reconnaît jamais aucune erreur.
Oui, la Turquie mérite vraiment un punition. Mais est-ce juste de punir tout un pays à cause de 8 – 9 personnes stupides?
Oui, nous devons accepter les sanctions de la FIFA et l’UEFA et aussi trouver les personnes qui sont vraiment responsables de tout ce chaos et dont j’ai déjà mentionné les noms plus haut. Ces personnes doivent être punies pour qu’elles ne puissent plus jamais détruire le jeu que nous aimons tous.
Je suis vraiment choqué par ce qui se passe en ce moment dans les médias turcs. Les Turcs sont en train de chercher un bouc-émissaire.
Ceci est la vraie histoire de ce qui s’est passé entre la Turquie et la Suisse.













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