Une légende s’en va: Nicolae Dobrin

dobrin.jpgLe football roumain est en deuil. Nicolae Dobrin est décédé ce matin à 7h20 à l’hôpital de Piteşti, sa ville de toujours. Un cancer des poumons l’a emporté à l’âge de 60 ans. Technicien hors pair, ce milieu de terrain avait débuté sa carrière en première division à l’âge de 14 ans et 10 mois et connu sa première sélection nationale quatre ans plus tard, en 1966, à l’occasion d’un match contre l’Allemagne.

Dobrin est l’un des tous meilleurs joueurs roumains de tous les temps. Sa technique hors pair le propulse à 14 ans seulement en équipe première du Dinamo Piteşti, aujourd’hui FC Argeş (en Liga II). Et c’est dans ce club qu’il joua toute sa carrière durant, excepté deux saisons au CS Târgovişte, de 1980 à 1982. Il compte au total 408 matchs en première division, pour 111 buts. Il a également disputé 25 matchs de coupe d’Europe (8 buts) et 48 matchs avec l’équipe de Roumanie (6 buts), avec laquelle il débute à 16 ans, avant de faire partie de l’équipe présente au Mondial 70 ainsi qu’à l’Euro 72.

Elu footballeur roumain de l’année en 1966, 67 et 71, Dobrin avait tapé dans l’œil des dirigeants du Real Madrid lors de la défaite (2-1) des Madrilènes en Roumanie à l’aller du 2ème tour de C1 1972-73. Dobrin n’aura malheureusement la chance d’exporter son talent. Nicolae Ceauşescu lui-même s’oppose à son départ à l’Ouest, et Dobrin continuera a éclairer Piteşti par son talent. Roi du dribble, de la feinte, des coup-francs, maître passeur… Devenu entraîneur dans les années 80, il forme des jeunes comme Adrian Mutu ou Nicolae Dică, qui savent combien leur talent doivent au sien.

Nicolae Dobrin a marqué sa ville, dont le stade porte aujourd’hui son nom, et son pays. Les réactions y sont aujourd’hui nombreuses et la peine immense. Restent les rares images de son époque.

 
Histoire | Roumanie

trackback uri 5 commentaires

J’ai lu ceci ce matin, je suis trop jeune pour l’avoir connu en tant que joueur.

par Qui©he, 26.10.2007 à 19h01   | Citer

respect !!!!!!!! hai romania …..

j ‘ espere que le 11 balkan aura une pensée pour , lors de l ‘ euro 2008 !!!!!!!

par rcs 67, 26.10.2007 à 20h45   | Citer

Il y aura déjà une minute de silence sur tous les matchs de ce week-end.

par PJ, 26.10.2007 à 21h59   | Citer

Pour les jeunes passionnés du football il serait utile de connaître aussi l’avis émis par de grands entraîneurs sur Nicolae Dobrin. Par exemple, dans le livre de Marius Popescu « Fotbalul e viata mea. Cazul Dobrin » (Edit. Junimea, Iasi, 1979) [= Le football c'est ma vie. Le cas Dobrin], l’auteur donne la parole à l’un des « pères du football roumain », l’entraîneur Coloman Braun-Bogdan: »(…) Personnellement j’ai cru – et beaucoup de gens partageaient la même opinion – que Josif Petschovschi a était le plus grand footballeur roumain. (…) Mais le plus grand joueur roumain que j’ai vu de mes propres yeux a été et il l’est encore, Dobrin ! (…) ce garçon est le plus grand phénomène né dans le milieu du football roumain. Il joue au football comme s’il chantait…
Si je l’avais eu entre mes mains, ou si ses entraîneurs s’étaient occupés de lui comme de leur propre enfant – du reste, il le méritait amplement ! – Dobrin serait aujourd’hui comme Bobby Charlton, comme Beckenbauer ou comme Boszik, ayant à son actif plus de 100 matchs dans l’équipe nationale et le monde entier l’aurait connu. Je le dis et je le répète – et mes cheuveux « blanchis » par le football m’interdisent toute demie-vérité à ce propos – Dobrin aurait été aujourd’hui comme Bobby Charlton, comme Beckenbauer et comme Boszik. (…) »
Mais Dobrin, le footballeur-artiste qui qualifia la Roumanie pour le tournoi final du CdM mexicain (1970) en inscrivant le 12 octobre 1969, à Bucarest, le but de la victoire face à l’équipe du Portugal (1 à 0), bien que présent à Guadalajara, n’eut pas le droit de porter le maillot de son pays lors des trois matchs de poule !!! Jalousie, querelles intestines ?
L’énorme déception de l’AS du football roumain est illustrée en ces quelques mots: « Dans ma vie j’aurais dû jouer deux tournois finaux ! Au Mexique et ici (en Argentine, 1978, n. DOD), dans un mois ! Et j’ai raté les deux. Je n’aurais plus jamais de telles opportunités… » « A qui la faute, Gicule ? » l’interrogea le journaliste Popescu. « A qui ? Au destin. Aux gens. Si je faisais partie de l’équipe de Dinamo ou de celle de Steaua je suis certain que j’aurais joué lors de ces deux tournois finaux… Et ca aurait été beaucoup mieux pour tout le monde… Mais ainsi, tous furent perdants dans cette affaire, et à moi, tout ce qu’il me reste c’est le billet d’avion Bucarest-Guadalajara aller-retour… »
Une fidélité indéfectible le lia jusqu’à la fin de ses jours à son club, le FC Arges (Pitesti). Avec le départ de Nicolae Dobrin pour l’Eternité, un immense voile noir flotte actuellement sur le football roumain.

par Dan Ottiger Dumitrescu (Suisse), 29.10.2007 à 16h22   | Citer

Merci infiniment Dan pour ce formidable extrait. D’après ce que j’en ai lu (dans plusieurs sources), Dobrin a réellement été court-circuité par les dinamovisti en équipe nationale. D’où son absence du terrain en 1970. Mais il est et restera le meilleur joueur roumain de tous les temps, devant même Gheorghe Hagi.

par PJ, 29.10.2007 à 16h29   | Citer