Je vous en faisait déjà part sur PS puis PF, le championnat roumain voit le nombre d’étrangers en constance progression. Les transferts opérés cet hiver confirment cette tendance, avec de nombreuses arrivées de joueurs Sud-Américains ou autres. Steaua par exemple compte 8 étrangers, dont 5 arrivés cet hiver, sans parler de la cohorte de Portugais du CFR Cluj… Et pour la première fois de son histoire, le championnat roumain a vu cette année plus d’étrangers que de Roumains débuter en L1.
Le nombre d’étrangers débutant en L1 a littéralement explosé la saison dernière (41, contre 12 en 2005/2006), mais il restait encore en-dessous de celui des Roumains disputant leur premier match (62 la saison dernière). La tendance s’est nettement inversée cette saison, puisque seulement 39 locaux ont découvert l’élite, contre 52 étrangers! Non seulement le nombre d’étrangers augmente, mais celui des locaux diminue. Ce phénomène est encore plus accentué lorsqu’on sait que parmi les 39 Roumains «débutants», 33 ont été promus avec leur club. Ce qui laisse donc au final très peu de place pour les jeunes pousses. Cette saison, seul de jeune Dorin Goga, attaquant et capitaine de l’U Cluj, s’est fait remarquer par son bon niveau, mais dans une équipe plutôt faiblarde. Et parmi les équipes de top, 5 d’entre elles n’ont fait débuter aucun joueur roumain cette saison: CFR Cluj, Dinamo, Poli Timişoara, Unirea Urziceni et Steaua.
Les présidents préfèrent donc nettement engager des étrangers, et ce malgré les nombreux échecs rencontrés dans ce domaine. Le coût n’est déjà pas le même. Le salaire moyen d’un «débutant» étranger tourne autour de 80 000 euros, quand il n’atteint «que» 20 000 euros pour un Roumain au même stade. Et tous ne réussissent pas. La très grande majorité d’entre eux repart même presque aussi vite qu’elle est venue. Carlos, Andrey, John Galliquio, Mariano Fernandes, Amoreirinha (pourtant capitaine des espoirs portugais avant de venir à Cluj) ou Kouha sont de vrais fiascos. Alors, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle? Les avis sont mitigés, mais le CFR Cluj a démontré qu’avec des recruteurs valables, c’était possible. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Pour Ioan Andone par exemple, l’entraîneur du CFR, «Si les bons footballeurs roumain étaient restés au pays, nous n’aurions pas besoin d’autant d’étrangers dans le championnat.» Son président, Arpad Paszkany, va encore plus loin, en étant ouvertement pour la naturalisation des étrangers, surtout ceux qui jouent à Cluj, forcément. Ce à quoi Victor Piţurcă, le sélectionneur national, répond que «aucun des étrangers jouant en Roumanie ne m’a impressionné. Certains ne semblent pas trop mauvais, mais la plupart sont des seconds couteaux.» Mircea Sandu, le président de la FRF est aussi de cet avis: «Les joueurs étrangers venus en Roumanie sont d’un niveau moyen ou médiocre.» Dans ce combat d’idées, c’est finalement Petre Grigoraş, l’entraîneur de l’Oţelul Galaţi, qui semble avoir l‘avis le plus juste: «Sur le papier, c’est bien que des étrangers viennent en Roumanie puisque nos joueurs partent aussi évoluer à l’étranger. Mais je ne suis pas d’accord pour que notre championnat devienne la deuxième division portugaise.»
Chacun cherche donc à défendre son camp. D’un coté, le CFR d’Andone a fait débuter 8 étrangers lors des matchs allers, l’Oţelul 5, et de l’autre la fédération et son sélectionneur cherchent à défendre la formation et les les joueurs locaux, avec évidemment l’optique de valoriser l’équipe nationale. Le problème n’est pas encore tragique. L’équipe nationale a retrouvé de belles couleurs, et les jeunes commencent à s’y faire une place. Ces mêmes jeunes qui quittent le pays pour les grands championnats européens, comme Radu, parti à la Lazio cet hiver, ou Sepsi, parti au Benfica. L’apocaplypse n’est donc pas pour tout de suite. D’autant plus que la FRF a imposé de nouvelles limites cette saison, avec un maximum de 5 joueurs extra-communautaires pouvant évoluer ensemble dans une équipe.
Mais où joueront donc ceux qui sont actuellement en formation? Les arrivées d’étrangers se sont multipliées cet hiver. Les départs également, mais ils sont compensés par d’autres arrivées. Les Roumains ne seront même pas majoritaires dans les deux équipes disputant la Ligue des Champions la saison prochaine. Reste à savoir si cette tendance va perdurer, parce que vu la qualité du recrutement, cette onéreuse volonté du «tout tout de suite» des présidents pourrait s’essouffler. Des recruteurs aveugles, voilà ce qui pourrait sauver la formation. En attendant, le championnat reprend vendredi.




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7 commentaires
Très interessant article Pj, vraiment..tu soulèves un problème essentiel…. :-)
Bastien, tu persifles me semble-t-il, alors que la question est en effet capitale.
Juste dommage que PJ ait oublié de nous parler de Fabien Boudarène.
Ou alors il a juste pas envie de faire de la pub à notre futur parrain de dans 5 mois.
Putain Boudarène…
Ouais, Boudarène. Monsieur Fabien Boudarène..
Hein que t’es vert ?
BOUDARENE du litex lovetch ( BUL ) à CLUJ ( ROU ) et un étrangers de plus dans la burger liga de PJ ………. LOL
que veux tu dire par je persifle beckhamescu? explique toi, tu m’interesses..
Si tu as la patience d’attendre un peu, je me renseigne sur ce que ça veut dire, et je reviens vers toi après !