Découverte : le FC Braşov

Le championnat roumain redémarre dans une semaine. Avec 4 nouveaux clubs, 4 promus à découvrir sur PF d’ici la première journée.

logo-fc-brasov.pngBraşov est une ville à voir. D’architecture allemande, comme les autres grandes ville transylvaines que sont Sibiu, Timişoara ou Cluj, elle est un bijou au coeur des Carpates. C’est également un bon point de départ pour le visiteur: Sinaia, résidence d’été des anciens rois de Roumanie, n’est qu’à une heure de route, le château de Bran, qui a inspiré Bram Stoker pour écrire Dracula, est à une dizaine de kilomètres, tout comme Poiana Braşov, la plus grande (et la plus luxueuse) station de ski du pays, avec ses excellents restaurants. Braşov, une ville importante, plus de 300 000 habitants, qui n’avait pourtant aucun représentant en L1 ces dernières saisons. Oubli réparé avec le retour du FC Braşov.

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Peu avant la Première Guerre Mondiale apparaît le club Braşovia, l’un des premiers du pays. La ville connaît ensuite dans les années 20 beaucoup d’autres clubs (Coltea, IAR, devenu ensuite Tractorul, A.CFR et l’Astra, l’ancêtre du FC actuel). En 1937, Braşovia cède sa place en troisième division à l’Astra. C’est le point de départ du club. Devenu ensuite UAB (Uzinele de Armament Braşov), le club monte en Divizia B à la fin des années 40. Le club change alors de nouveau de nom, et devient Steagul Roşu Braşov (le Drapeau Rouge de Braşov). Un club qui entre dans l’histoire du foot roumain.

logo-steagul-rosu.pngSteagul Roşu est en effet le premier club roumain à remporter un trophée international, bien avant la Coupe d’Europe des Clubs Champions du Steaua en 1986. Monté en 1956 en première division, dont il termine deuxième en 1960, le club remporte en 1961 la première édition de la Coupe des Balkans (version interclubs). Cette victoire est acquise sans subir une seule défaite, et après avoir éliminé l’AEK Athènes (4-2, 3-0), le Partizan Belgrade (1-0, 0-0), Fenerbahçe (1-1, 3-0) et le Levski Sofia (2-2, 4-2). Le seul titre au palmarès du club. Car au final, malgré sa longue présence dans l’élite, le club ne sera jamais champion national (Coltea est d’ailleurs le seul braşovean titré, en 1928). Sa participation en 1963-64 à la Coupe des Villes de Foire (aujourd’hui Coupe UEFA) reste néanmoins gravée, avec une victoire 4-2 à domicile contre le grand Espanyol Barcelone d’Alfredo Di Stefano. Battus 1-3 au match retour, les Roumains seront finalement éliminés 0-1 au match d’appui, toujours en Espagne.

Après cette période glorieuse, le club est retourné en Divizia B. Il n’est revenu dans l’élite qu’au gré de certaines belles générations de joueurs du cru, grâce à l’excellente tradition de formation du club. Si la plupart des noms sont inconnus en dehors des frontières roumaines, Rideau de Fer oblige, ceux de Marius Lăcătuş, Tybor Selymes ou Romeo Surdu sont plus familiers à nos oreilles d’occidentaux.

Après des décennies d’ascenseur, quelques belles années (troisième du championnat en 1973-74), le club, rebaptisé FC Braşov en 1990, connaît un beau début de 21e siècle: troisième en 2000-2001 et quatrième en 2002-2003. La situation ne pérennise cependant pas, et le club redescent en Divizia B en 2005. Chaque année favori de son groupe, le club échoue tout près de la remontée deux saisons durant, avant l’arrivée du sauveur.

rzvan-lucescu.jpgCet homme, c’est Răzvan Lucescu (photo). Gardien de but de l’équipe lors de la saison 1999-2000, le fils de Mircea Lucescu a gardé d’excellentes relations avec les dirigeants. A tel point qu’il quitte l’an dernier le Rapid, pourtant européen, pour tenter l’aventure en Liga II. Le pari est osé, mais diablement bien relevé. Dans le groupe A, vu comme le plus relevé des deux, où se trouvent le Petrolul Ploieşti, le CS Otopeni, le Forex Braşov voisin, le Progresul Bucarest (ex-Naţional), Chiajna, Tulcea ou le Sportul Studenţesc, tous candidats à la promotion, le FC Braşov se balade. Premier avec 9 points d’avance sur Otopeni, Răzvan a réussi son coup.

La suite du programme, c’est l’objectif d’une place en milieu de classement cette saison. Le FC Braşov compte une fois encore sur son assemblage de jeunes joueurs (Abrudan, Roman, Chipciu, Cristescu, Dedu, Sburlea) et de vétérans (Stelea, N. Constantin, C. Munteanu, Zaharia), dont certains étaient déjà joueurs de Lucescu au Rapid (Măldărăşanu et Ilyes) pour y parvenir. Voir le club redescendre serait une grosse surprise. Pour preuve, un stade tout neuf de 23 000 places est en construction. Le FC Braşov, un club parti pour rester.

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Histoire | Roumanie

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Excellent article PJ, court mais bien instructif. On a suivi leur dernière saison de très près sur KOLB, et nos meilleurs spécialistes de la question rejoignent ton avis sur la prestation à venir du FCB.

Par contre, faudrait songer à pas pousser la Bunica dans les orties. Je rappelle quand même que les 14 euros que nous avons lâchés l’an dernier pour les droits EXCLUSIFS de la L2 porte notamment sur tous ses clubs la fréquentant, dans un espace temps de 3 saisons.

Sinon, pour l’une des prochaines étapes, tu te rappelles que nous avons proposé un sujet sur le CSO ?

par Beckhamescu, 19.07.2008 à 23h56   | Citer

Tout à fait Becs! Les banlieusards apparaîtront d’ailleurs bientôt sur PF…

par PJ, 20.07.2008 à 11h49   | Citer