Les Jeux Olympiques de Pékin arrivent doucement à leur terme. La Chine, omniprésente, y a réussi son pari en s’installant largement en tête du tableau des médailles. Seul un sport, le plus suivi au monde, leur échappe. En football, les Chinois n’y arrivent pas. Le dernier match de l’équipe nationale, disputé contre le Brésil lors du tournoi olympique, s’est soldé par une nouvelle défaite, 3-0. Mais pourquoi le foot résiste-t-il toujours et encore à la moisson de médailles chinoises? Alors que l’équipe féminine est saluée pour son bon niveau général (elle fut en finale de la coupe du monde en 1999 et la FIFA la classe en 5e position mondiale), l’équipe masculine n’a pas ce bonheur.
Le football est pourtant un des sports les plus populaires en Chine, avec le basket, le ping-pong et le badminton. Les jeunes Chinois connaissent sur le bout des doigts la composition des clubs étrangers. Beckham, Ronaldinho ou Henry y sont des stars. Les affluences record dans les stades lors des ces Jeux de Pékin sont une preuve de leur amour pour ce sport. Mais malgré cette culture footballistique croissante, d’importants moyens financiers et une réserve de population représentant un vivier inépuisable de talents potentiels, le niveau ne progresse pas.
En effet, la ligue nationale professionnelle, créée en 1994, continue de se débattre à un niveau frôlant l’amateurisme. Les fans eux-mêmes sont les premiers à critiquer le faible niveau de leurs équipes. L’équipe nationale est encore plus visée par les critiques. Les moyens mis en place sont pourtant importants. La China Football Association a recruté des entraîneurs étrangers, comme le Serbe Vladimir Petrovic, pour relever le niveau de l’équipe. En 2003 plusieurs jeunes joueurs jugés prometteurs ont été envoyés s’entraîner deux ans en Allemagne. L’équipe a multiplié les matchs amicaux à l’étranger. Mais rien n’y fait. Les Chinois ont terminé derniers de leur groupe à Pékin. Un éternel recommencement. En 98, ils ne s’étaient pas qualifiés pour la Coupe du Monde, éliminés par le Qatar. En 2002, ils ont profité de l’absence de la Corée du Sud et du Japon en qualifications pour passer, mais ils ont ensuite été absents en Allemagne en 2006 et le seront en Afrique du Sud en 2010 après avoir été éliminés par l’Irak.
Les résultats des JO sont d’abord le résultat d’un programme de production de champions en accéléré voulu par l’Administration générale des sports d’Etat à des fins patriotiques. Sélection des gabarits les plus adaptés parmi des dizaines de millions de jeunes pratiquants, méthodes scientifiques, recrutement des meilleurs entraîneurs mondiaux (comme les Français Daniel Morelon pour le vélo sur piste ou Christian Bauer pour l’escrime). Un programme accéléré de “fabrication” de champions difficile à mettre en place en football.
Autre point important, la réalité quotidienne du sport en Chine est bien différente que ce qu’on veut bien nous montrer durant les Jeux de Pékin. Comme en Occident autrefois, le sport est d’abord l’apanage d’une classe privilégiée disposant de loisirs. Pour la majorité de la population, l’activité physique s’est longtemps résumée à l’emblématique ping-pong, sport quasi-officiel du Parti communiste après 1949, mais surtout aux arts martiaux, et notamment le wushu, le kung-fu et le tai-chi. Ces sports considérés comme bénéfiques pour la santé sont plus pratiqués que le football ou le basket. Le sport amateur organisé en clubs est encore rare, tout ce qui touche à la forme physique se développe, mais pas la compétition. A part des clubs huppés des grandes villes qui proposent une gamme de sports aussi variée que dans les clubs français, le sport, et en première ligne les sports collectifs, n’est pas très répandu dans la population. Difficile dans ces conditions de trouver des joueurs de haut niveau.
Non seulement l’équipe nationale accumule donc les défaites, mais les joueurs chinois n’hésitent aussi pas à avoir recours à une certaine violence, ce qui désespère encore plus les supporters. Certains se souviennent peut-être de cette vidéo du match Chine-Japon, où les coéquipiers de Nakamura ont souffert (et c’est bien peu de le dire) physiquement pour remporter ce match.
Mention spéciale à la sortie haraldschumacheresque du gardien… Autre exemple, lors du match de poule du tournoi olympique contre la Belgique, deux joueurs chinois ont été exclus pour de mauvais gestes. Un match fini à 9, et perdu, évidemment.
Sur cet aspect du jeu, la culture chinoise y est pour beaucoup. Les joueurs chinois sont connus pour vivre le football comme un combat et non comme un jeu. Un engagement dont Djibril Cissé se souvient, même si sa blessure n’était pas consécutive à un mauvais geste.
Devant cette médiocrité, les supporters chinois commencent à être incisifs. Lors du match contre la Belgique, ceux-ci ont demandé par leurs chants la démission de Xie Yalong, le président de la CFA. Et les dérisions se multiplient sur le net. La chanson «Beijing Welcomes You», hymne des Jeux qui tourne en boucle à la télévision, est parodiée avec ces paroles: «Nos buts sont grands ouverts pour vous, ne vous gênez pas, vous allez adorer jouez avec nous». «Notre équipe est championne olympique des arts martiaux», «fumer nuit à la santé, jouer avec l’équipe chinoise nuit à votre santé aussi», ou encore «il y a 2 choses qui retiennent les joueurs de l’équipe chinoise de football d’aller disputer des matchs à l’étranger : leur pied droit et leur pied gauche» sont autant de blagues qui circulent. Les supporters ont meilleur esprit que leurs joueurs.








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1 commentaire
Très bon article… Mais c’est qui a arbitré le matche contre le Japon ??? Il devrait être banni à vie des terrains, c’est impossible de donner autant de fausses décisions sur un seul match !!! Il surpasse même Byron Moreno !!!