Espagne : un air de déjà-vu

BarcaRealAvec sa victoire, mercredi soir à Bilbao, le Real Madrid s’est proclamé champion d’Espagne, succédant ainsi au Barça au palmarès. C’est le 32e titre pour le club madrilène (un record) qui a dû attendre trois ans avant de pouvoir détrôner son rival catalan et offrir le sacre national à la déesse Cybèle.

La déesse Cybèle, pour ceux qui l’ignorent, est présente au centre de Madrid sous la forme d’une majestueuse statue. Après les quatre buts de Butragueño face au Danemark, lors des huitièmes de finale de la Coupe du Monde 86, les aficionados madrilènes prirent l’habitude de fêter les succès de leur équipe autour de ce monument emblématique de la capitale espagnole. Mercredi soir, ils étaient 6000 à se réunir devant la déesse romaine. Le lendemain, 25′000 supporters bravaient la pluie afin d’accueillir l’équipe venue au grand complet dans un bus depuis le Santiago Bernabéu.

La Liga prendra fin le week-end prochain sans qu’il ne manque quelques rencontres d’importance pour pimenter cette dernière journée. Málaga défendra sa quatrième place, synonyme de qualification pour la Champions League, face au modeste Sporting qui ne conserve que de maigres espoirs de pouvoir ravir la 17e position au Rayo Vallecano afin de sauver sa place dans la première division du championnat national. Zaragoza, qui compte le même nombre de points que ce dernier, devra créer l’exploit à Madrid face à Getafe et parier sur une mauvaise performance des Rayistas. Seul le Racing de Santander est d’ores et déjà assuré de sa relégation. Les places en Europa League sont également en jeu, puisque Séville, Bilbao, Osasuna et Levante sont en mesure de ravir leur place à l’Atlético de Madrid ou à Majorque. Quand on sait que le club des Baléares doit visiter le Bernabéu et que Levante recevra les Basques de l’Athletic, on devine les drames qui se préparent.

En ce qui concerne les deux premiers du classement, s’ils ont déjà laissé une marque indélébile dans l’histoire du championnat à travers leur incroyable parcours constellé d’une foule de records plus fous les uns que les autres, ils auront encore l’occasion d’exploser quelques nouveaux registres. Du coté blaugrana, l’attaquant vedette Messi, qui s’est pratiquement assuré le titre de pichichi (meilleur buteur espagnol) et la Botte d’Or (meilleur buteur européen) hier soir avec quatre nouveaux buts (pour un total de 50 !), peut continuer sur sa lancée face au Betis et améliorer davantage sa performance. L’Argentin est également le premier à marquer trois buts ou plus en huit occasions dans un même championnat.

Du côté merengue, l’un des plus beaux records leur tend les bras, celui du nombre de points marqués en une saison, décroché par le Barça (99) l’année passée. Si le Real Madrid devait gagner son duel contre Majorque, il atteindrait le nombre stratosphérique de 100 unités. Quoiqu’il arrive, les Merengues fermeront cette Liga avec plusieurs registres remarquables. En vrac, nous pouvons citer le nombre total de buts marqués (117), pulvérisant le précédent record de 107 réalisations, ainsi que le nombre de buts marqués à l’extérieur (51) qui était jusque-là détenu par le rival catalan (49). Citons encore le nombre de victoires à l’extérieur (15) et, fait insolite, la conquête des trois points au domicile des sept champions historiques de la Liga : Camp Nou (Barcelone), Calderón (Atlético), San Mamés (Bilbao), Mestalla (Valencia), Anoeta (Real Sociedad), Benito Villamarín (Betis) et Sánchez Pizjuan (Séville). Cristiano Ronaldo (43), Higuaín (22) et Benzema (20) se sont illustrés en étant les trois premiers joueurs d’un même club à atteindre les 20 buts. D’ailleurs, toutes compétitions confondues, ce trio a pulvérisé le nombre de buts marqués par un autre trio en Espagne (100), celui de Messi, Eto’o et Henry en 2008-09.  Le Portugais notamment a fait une excellente saison, se montrant souvent décisif lors des matches où son équipe souffrait d’une baisse de régime. Le 31 mars, contre la Real Sociedad, Cristiano Ronaldo marquait son centième but en Liga après seulement 92 rencontres. Un autre record.

Cette pluie de chiffres ne cherche pas éblouir le lecteur, mais plutôt à illustrer la triste réalité à laquelle est confrontée la Liga depuis quelques années. Par influence, par histoire, par popularité et (surtout) par budget, Real et Barça n’ont pas aujourd’hui de rival en Espagne. À une journée de la fin, 29 points séparent Barcelone, deuxième, de Valencia, troisième. Un gouffre. C’est bien d’une Liga à deux vitesses qu’il s’agit. Contrairement aux apparences, cette domination écrasante n’est pas du tout positive pour les deux ténors ibériques. Ce manque de challenge et de répondant de la part des dix-huit autres clubs rend les voyages européens plus difficiles, lorsque Madrilènes et Catalans se trouvent soudainement plus sollicités que d’habitude. Comment ne pas céder à une certaine nonchalance dans de telles conditions ? Comment ne pas s’endormir sur ses lauriers sous peine de ne pas se réveiller à temps ? Est-ce que Real et Barça devraient céder une plus large part du gâteau des droits de retransmission TV au risque d’y laisser des plumes en Europe ? Ou alors peut-être devrait-on envisager plus sérieusement la création de ce « super championnat européen » réunissant toutes les grosses cylindrées du Vieux Continent ?

Qui sera champion en 2012-13 ? Real ou Barça… ? La question qui résume le problème.

Pourquoi faire compliqué ?

Source : ???

 
Edito | Espagne

trackback uri 6 commentaires

T’as oublié de mentionner que Mourinho est passé maître incontesté dans le rôle de la victime d’arbitrage et du complot UEFA. La preuve cette année ça a fonctionné à merveille. A force de répéter qu’on serait favorisé par les arbitres (le tout relayé par des aigris en tête desquels Ibra et Drogba) cela a forcément impacté le corps arbitral espagnol pour les résultats qu’on a vu.

Le Real a gagné son 32ème titre. Mais à quel prix ?
Et c’est franchement indigne d’une institution comme le Real. Pour gagner ils ont été jusqu’à jouer les garces de service (coucou Karanka), dommage que les aficionados préfèreront ce titre à ceux d’un Capello par exemple qui nous a battu à la loyale.

par kijux, 07.05.2012 à 21h49   | Citer

On ne serait pas un peu aigri, Mister Kijux ? :)

C’est la perte de tous les titres majeurs ou le départ de Guardiola qui te chagrine ?

Dois-je te rappeler les mots de Godall ? Doit-on alors considérer, en suivant tes arguments, que l’Âge d’Or du Barça a principalement été le fruit de la bienveillance de Villar ? ;)

Bref, ce n’était pas vraiment le sujet de ce billet. Il n’y a que les naïfs (ou lecteurs de MD/Sport) pour croire que le Real ne gagne que grâce à Franco et aux arbitres, alors que le Barça gagne toujours grâce à la Masía… 8)

par Tristelune, 08.05.2012 à 07h10   | Citer

Tristelune: Dois-je te rappeler les mots de Godall ? Doit-on alors considérer, en suivant tes arguments, que l’Âge d’Or du Barça a principalement été le fruit de la bienveillance de Villar ?

Godall ou pas Godall ce n’est que des propos tenus par un mec visiblement mécontent de la prise du pouvoir de Rosell.
De plus d’après ton argumentation tu partages -d’une manière indirecte- mon impression (soutenue par des vidéos en passant) que le Real a bel et bien été favorisé cette année ;)

Tristelune: Bref, ce n’était pas vraiment le sujet de ce billet. Il n’y a que les naïfs (ou lecteurs de MD/Sport) pour croire que le Real ne gagne que grâce à Franco et aux arbitres

T’as bien fais de parler de Franco :

par kijux, 08.05.2012 à 12h45   | Citer

Dernière chose, les propos de Godall valent très bien ceux de Valdano ;)

par kijux, 08.05.2012 à 12h54   | Citer

Je n’ai pas commenté les vidéos, parce que je ne les ai pas vues. Et je ne les ai pas vues, parce qu’elles ne sont pas franchement fiables. Ce genre de petit montage, tu en trouveras plein sur Youtube. Sur le Real, mais aussi sur le Barça et sur la moitié des grosses équipes européennes. Étant clairement « orientées », elles sont difficilement crédibles. C’est un peu comme ces ralentis qui prennent un tout autre sens dès que l’on change l’angle de l’action.

J’ajouterais qu’il est bien plus facile d’influencer une éliminatoire (genre Ovrebo en demi de CL… :) ) qu’un championnat se disputant en 38 rencontres et récompensant une certaine régularité.

Quant à Godall, il parlait de l’époque Laporta et critiquait justement Rosell de ne pas avoir continué de graisser la patte de la fédération. Ça me paraît clair comme de l’eau de roche.

par Tristelune, 08.05.2012 à 13h21   | Citer

Qu’est-ce que cela doit être frustrant pour Ronaldo de marquer 45 goals dans un championnat et de même pas finir pichichi… ces deux là sont clairement exceptionnels!

par Jeje, 09.05.2012 à 16h49   | Citer