Roumanie: Les Pandurii proches de la failllite

Les mois passent et les difficultés continuent pour les clubs roumains. Dans le chaos qui sévit actuellement dans le monde footballistique local, les clubs disparaissent les uns après les autres, faute de moyens financiers. Des faillites qui se succèdent à grand train, surtout dans les échelons inférieurs, mais n’épargnent pas le monde professionnel. Comme le prouve le coup qu’ont pris les Pandurii Târgu-Jiu dans la journée d’hier, et qui pourrait bien provoquer la fin d’une belle histoire.

Pandurii 2015-16 - Photo panduriics.ro

C’est le Ministre de l’Energie, Victor Grigorescu, qui a lui-même fait l’annonce officielle hier: « Suite à des résultats financiers prévoyant des pertes record, les programmes de sponsorisation du Complex Energetic Oltenia sont suspendus. Le Club Sportif Pandurii Târgu Jiu, club professionnel de football, ne fait pas exception à cette règle. Lors de l’approbation du budget de la compagnie, nous porterons une grande attention à ne pas avoir la mauvaise surprise de découvrir de possibles dépenses de sponsorisation dans la catégorie autres dépenses. »

Cinquième à l’aube de la 25e journée de Liga 1, à égalité de points avec le Viitorul et le Steaua, le club entraîné par Eduard Iordănescu est d’ores et déjà qualifié pour la phase de play-offs et joue une place européenne. Il pourrait pourtant disparaître avant même al fin de la saison. L’apport du Complex Energetic Oltenia, son sponsor maillot C.E.O., est en effet un apport essentiel à la vie du club, avec une contribution annuelle atteignant les deux millions d’euros sur un budget total de 4,5 millions d’euros. Outre cet apport, les Pandurii vivent des droits télé, relativement maigre en Roumanie, et de la vente de ses meilleurs éléments. Sauf que ce dernier aspect a connu un net recul cette saison. Après réussi de belles affaires ces dernières années, avec les départs d’Alexandru Maxim, Vlad Chiriche?, Mihai Pintilii, Dan Nistor ou encore Eric de Oliveira pour plus de cinq millions d’euros au total, le club a vu ses entrées d’argent baisser nettement. Dans un marché roumain en pleine récession, où seul le Steaua peu se permettre de payer des montants de transfert, les Pandurii n’ont reçu que 582 000 euros sur les ventes de joueurs cette saison: 340 000 pour le départ de Mihai Roman au NEC Nimègue l’été dernier, et 242 000 pour son arrière gauche Marko Momcilovic, parti au Steaua cet hiver. Après le départ-surprise de son président-mécène Marian Condescu début 2014, le club est parvenu à se maintenir dans les premières places du championnat malgré cette succession de difficultés. Une belle histoire qui pourrait aujourd’hui connaître un coup d’arrêt.

Narcis Răducan, le président du club, est ainsi très inquiet, comme l’a confié à Dolce Sport: « Le C.E.O. nous donne deux millions d’euros. Ce qui est frustrant pour nous, c’est que nous avons réussi, avec ce budget, à mener l’équipe en Coupe d’Europe, en play-offs, et à avoir quatre joueurs en équipe nationale. Je suis d’accord pour essayer de sortir de la tutelle du C.E.O., même si dans notre région minière, l’argent revient vers le sport. J’ai prié à la direction du C.E.O. de nous soutenir cette saison, parce que nous avons encore des dettes. C’est un coup très dur. On ne peut pas faire plus dur. Nous avons déjà deux mois de retard dans le versement des salaires et des primes à payer depuis novembre dernier. C’est déjà trop pour des gens qui ont travaillé pour cette ville. Nous ne pouvons pas résister sans cet argent. Nous sommes la seule équipe d’Olténie qualifiée pour les play-offs, il serait dommage qu’elle disparaisse en plein championnat. »

Sans l’appui de son sponsor principal, les Pandurii verraient leur budget réduit à moins de trois millions d’euros. Pas assez pour prétendre jouer les premiers rôles en Liga 1. Faute de pouvoir payer ses joueurs, le club perdra ses meilleurs éléments sans contrepartie. La fin d’une décennie de bonne gestion pour grandir malgré des moyens limités. Le danger est pour le club de se voir relégué en fond de classement dans les prochaines années, voire de descendre en Liga 2, ce qui est souvent synonyme de faillite, comme on le voit chaque année pour les clubs relégués en Roumanie. Dans cette région de la vallée du Jiu sinistrée par la fermeture de ses mines, les Pandurii sont le dernier club à résister au niveau professionnel. Les autres ont tous disparu les uns après les autres.

Ironie du sort, les autorités locales ont lancé de gros travaux pour soutenir ce dernier club au plus haut niveau. Les travaux ont d’ores et déjà démarré pour la construction d’un nouveau stade, pour un budget total de 20 millions d’euros. Un projet qui oblige d’ailleurs les Pandurii à jouer cette saison hors de leurs bases, à Drobeta Turnu-Severin, devant un public parmi les plus maigres, avec 1 800 spectateurs de moyenne, soit deux fois moins que l’an dernier avant la destruction de son ancien stade. Une situation qui n’aide pas. A l’image des clubs français, qui ont parfois coulé avec leur nouveau stade comme Le Mans, Grenoble ou Sedan, les Pandurii pourraient bien ne jamais connaître leurs plus belles heures dans leur futur écrin. Il existe déjà un précédent en Roumanie, avec l’U Cluj qui évolue en Liga 2 dans la récente et moderne Cluj Arena.

Stade Pandurii - Image panduriics.ro

 
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